Absolu/relatif
Ce qui présente un caractère absolu existe par soi-même ou vaut par soi-même, indépendamment d'une cause ou d'une chose extérieure. Au contraire, ce qui présente un caractère relatif n'existe pas indépendamment de certaines conditions, ou ne vaut qu'en relation avec autre chose.
Ainsi, par exemple, le bonheur est-il une fin absolue, parce que le bonheur le désire pour ce qu'il est, et non en vue d'autre chose. Au contraire, l'argent, la gloire ou l'utilité n'ont de valeur que relative, c'est à dire ne sont que des moyens pour atteindre une fin de nature supérieure.
Autre exemple, le droit naturel serait un droit valant absolument, alors que le droit positif ne vaudrait que relativement. On rappelle que le droit naturel, rationnel, sert de norme aux différents droits positifs, c'est-à-dire les systèmes juridiques réellement existant dans les différentes sociétés, chacun ne valant que dans la société qui l'a institué.
Abstrait/concret
Est abstrait ce qui est obtenu conceptuellement, par une opération de l'esprit portant sur une réalité donnée, de manière à n'en retenir que certains aspects pour penser le général et l'universel. Au contraire, le concret est ce que les sens expérimentent, c'est à dire l'individualité ou la singularité d'une perception, ou d'un individu.
Donner du sens au concret, le réfléchir ou l'appréhender rationnellement suppose toujours un certain effort d'abstraction. De même, en ce sens, l'expérience scientifique est dépendante d'une théorie et donc d'un effort d'abstraction préalable à la vérification expérimentale.
Cause/fin
Est cause d'une chose ce qui produit cette chose (son effet). La fin, ou finalité, quant à elle, est ce en vue de quoi certaine action a été faite. La cause est le pourquoi d'une chose (pour quelle raison une chose est comme elle est) ; la fin en est le pour quoi (en vue de quoi).
Il est donc possible qu'il y ait des causes sans fin (causes aveugles, non intentionnels). C'est d'ailleurs le fait de reléguer aux seconds plans les causes dites finales, et la recherche de causes sans finalité, qui semble caractériser la science moderne. Pour autant, la question de la liberté de l'homme par exemple laisse entière l'estimation de ce qui, dans le comportement de l'homme, relève de la causalité ou de l'intention (finalité voulue).
Contingent/nécessaire/possible
Est contingent ce qui peut être autrement qu'il n'est ; la contingence tient donc au fait de la possibilité que les choses soient autrement qu'elles ne sont. Ainsi, il est possible que demain je sorte au cinéma, comme il possible que je n'y sorte pas : c'est là chose contingente. C'est à dire qu'il n'est pas nécessaire que demain je sorte au cinéma (et pourtant, il est logiquement nécessaire que demain ou bien je sorte ou ou bien je ne sorte pas au cinéma). La nécessité, au contraire, caractérise ce qui ne peut être autrement qu'il n'est.
Ainsi, il est nécessaire que deux plus deux fasse quatre, ou que la somme des angles d'un triangle soit de 180°. Au contraire, si on me demande "Dessinez un triangle", il est parfaitement possible que je dessine un triangle isocèle ou un triangle rectangle voire un triangle rectangle isocèle. Ces possibilités indiquent que la nature du triangle, dans la consigne donnée, est contingente (elle n'est pas nécessairement d'un certain type). Ce n'est pas la nature du triangle dessiné qui est contingente (le triangle dessiné ne peut évidemment pas être d'une nature autre que celle du triangle dessiné), mais cette contingence est le signe de ma liberté ici de dessiner tel ou tel triangle indifféremment.
C'est aussi à cette distinction que recourt Epictète quand il invite en l'homme à faire la différence entre deux types de choses : celles qui dépendent de lui, et celles qui n'en dépendent pas. Il s'agit ainsi de faire le tri entre ce sur quoi l'homme peut agir pour faire son bonheur (ses opinions, ses désirs), et ce sur quoi il ne peut agir, et dont il doit accepter la nécessité, sous peine, s'il lui venait désir de contrôle, d'en souffrir et de manquer le bonheur.
Il y a ce qui dépend de nous, il y a ce qui ne dépend pas de nous. Dépendent de nous l’opinion, la tendance, le désir, l’aversion, en un mot toutes nos œuvres propres ; ne dépendent pas de nous le corps, la richesse, les témoignages de considération, les hautes charges, en un mot toutes les choses qui ne sont pas nos œuvres propres. Les choses qui dépendent de nous sont naturellement libres, sans empêchement, sans entrave ; celles qui ne dépendent pas de nous sont fragiles, serves, facilement empêchées, propres à autrui. Rappelle-toi donc ceci : si tu prends pour libres les choses naturellement serves, pour propres à toi-même les choses propres à autrui, tu connaîtras l’entrave, l’affliction, le trouble, tu accuseras dieux et hommes ; mais si tu prends pour tien seulement ce qui es tien, pour propre à autrui ce qui est, de fait, propre à autrui, personne ne te contraindra jamais ni ne t’empêchera, tu n’adresseras à personne accusation ni reproche, tu ne feras absolument rien contre ton gré, personne ne te nuira ; tu n’auras pas d’ennemi ; car tu ne souffriras aucun dommage.
En fait/en droit
Expliquer/comprendre
Identité/égalité/différence
Légal/légitime
Objectif/subjectif
Obligation/contrainte
Persuader/convaincre
Principe/conséquence
En théorie/en pratique
Universel/général/particulier/singulier